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+ du Web du n°6
De l'expert à l'expertise : comment
améliorer l'efficacité du système français
?
L'essentiel de la charte de partenariat entre le Conseil National des
Barreaux et la Fédération Nationale des Compagnies d'Experts
Judiciaires (FNCEJ). Une charte de recommandations sur les bons usages
entre experts et avocats afin d'améliorer le déroulement
et la qualité des expertises judiciaires notamment en matière
civile et administrative.
Les avocats s'associent aux experts !
Le Conseil National des Barreaux (CNB) a signé le 18 novembre dernier
en collaboration avec la Fédération Nationale des Compagnies d'Experts
Judiciaires ( FNCEJ) une charte de recommandations sur les bons usages
entre experts et avocats. Un texte que les avocats et les experts s'efforceront
de mettre en œuvre afin d'améliorer le déroulement et la qualité des
expertises judiciaires notamment en matière civile et administrative.
Améliorer la règle du contradictoire
Tout au long d'une expertise judiciaire, les rapports entre l'expert
et l'avocat des parties doivent en effet s'inscrire dans le strict respect
des règles de la déontologie : indépendance, probité, conscience, honneur,
loyauté…
Ainsi, en ce qui concerne la règle du contradictoire, " l'expert veille
à tout moment au respect du caractère contradictoire des opérations
qu'il dirige, notamment en ce qui concerne la communication des pièces
et observations. A défaut d'indication d'envoi contradictoire, l'expert
peut retourner ses pièces et observations à l'envoyeur de manière motivée.
Dans le cas où celui-ci n'a pas d'avocat, l'expert lui demande d'assurer
une diffusion dans le respect des règles du contradictoire. ". Quant
à la communication et la transmission des elle " incombe aux conseils
des parties et non à l'expert. L'avocat du demandeur adresse à l'expert
désigné, spontanément ou à première demande, préalablement à l'ouverture
des opérations, toutes pièces utiles à l'expertise avec bordereau. Les
conseils des autres parties font parvenir leurs pièces dans les mêmes
conditions, soit dès avant la première réunion à laquelle ils sont convoqués.
Un bordereau inventoriant les pièces transmises est nécessaire. La numérotation
de celles-ci est requise. La transmission de l'entier dossier n'est
pas nécessaire. Il est important de procéder à la sélection des pièces
réellement utiles aux différents aspects de la mission de l'expert.
". Il est enfin prévu que " les avocats puissent interroger l'expert
sur l'utilité de nouvelles mises en cause. (…) Il doit donner son avis
sur leur opportunité de manière qu'elles puissent être effectuées dans
des délais raisonnables. Les avocats avisent l'expert de toute mise
en cause dont ils prennent l'initiative et l'informent sans délai des
éventuelles difficultés qu'ils rencontrent en la matière : recherche
de l'intéressé ou d'une personne disparue, etc. ".
D'autres modalités pratiques sont également envisagées telles que les
références du dossier (notamment celles des compagnies d'assurances
concernées et des experts et conseils techniques mandatés ) qui doivent
" être transmises par les avocats à l'expert, dès sa désignation ",
le programme des opérations d'expertise que " l'expert doit établir
dans la mesure du possible, dès la première réunion ", la liste des
destinataires de l'expert qui doit " systématiquement figurer sur ses
convocations et ses courriers " et le compte-rendu de chaque réunion
que " l'expert doit établir et transmettre à l'ensemble des intervenants
dont la liste de diffusion est rappelée ".
De même, pour l'élaboration du rapport, il est recommandé à l'expert
de ne " répondre immédiatement qu'aux observations qui concernent le
déroulement de l'expertise. Hors le cas où celui-ci l'en dispense expressément,
il commente les dires de l'avocat dans son rapport et les annexe à celui-ci.
". Pour la note de synthèse qui " ne saurait en aucun cas représenter
le rapport dans sa forme définitive ", c'est à l'avocat de " transmettre
à l'expert toutes les pièces ou éléments nécessaires à sa rédaction.
L'expert impartit un délai d'au moins trois semaines pour l'envoi des
observations des parties et ne dépose pas son rapport moins d'un mois
après l'envoi de la note de synthèse. ". Quant au rapport enfin, " il
doit se présenter matériellement sous une forme facilitant sa reproduction
(classeur, réglette, etc.). La liste exhaustive des pièces jointes est
indispensable : tous les documents utiles doivent être annexés. "
Des recommandations d'usage ont enfin été prévues tant au niveau du
comportement des parties en vertu duquel " l'avocat modère son client
si celui-ci se départit de son calme ou manque de courtoisie et rappelle
au besoin le rôle technique confié à l'expert par le Juge " que des
honoraires et frais pour lesquels " l'expert adresse aux parties et
à leurs conseils copie des demandes de complément de provision et de
ses mémoires ".
Des échanges de formation facilités
Les avocats et les experts judiciaires ont aujourd'hui une obligation
accrue de formation initiale et continue.
A ce titre, le CNB et la FNCEJ sont convenus de l'intérêt d'assurer
d'une part une information réciproque des experts et des avocats sur
les actions de formation organisées par les uns et les autres, par la
communication des programmes correspondants entre les centres ou autres
organes de formation et d'autre part de faciliter l'accès réciproque
à ces formations, chaque fois que cela paraît possible, et selon des
modalités à définir par les organes de formation. De même, il est important
de prévoir dans la formation des avocats et des experts judiciaires
un ou plusieurs modules relatifs pour les avocats à la mission expertale,
pour les experts à celle de l'avocat, et pour les deux corps à leurs
relations au cours des opérations d'expertise et de rechercher les modalités
selon lesquelles, lors du cursus de formation initiale, les élèves des
écoles d'avocat pourraient effectuer, dans le cadre du projet pédagogique
individuel, un stage auprès d'un expert judiciaire. Le CNB et la FNEJ
engagent les organes de formation à établir, des conventions concrétisant
les principes précités.
Une Commission composée d'avocats et d'experts judiciaires en nombre
égal, désignés par le CNB et la FNCEJ se réunira périodiquement pour
veiller à l'application de ces règles et usages. Les Ordres d'avocats
et les Compagnies d'experts judiciaires composant la fédération la tiendront
informée des conditions d'application de la présente charte dans leur
ressort. Cette Commission pourra être saisie par les Ordres d'avocats
et/ou les Compagnies d'experts judiciaires des différends nés à l'occasion
d'une expertise judiciaire. Elle s'efforcera de régler amiablement ceux-ci.
La Commission adressera tous les deux ans un rapport au CNB et à la
FNCEJ sur les modifications, et/ou compléments qu'elle jugera convenable
d'apporter aux règles et usages régissant les rapports entre les avocats
et les experts judiciaires. Dès sa constitution elle arrêtera le projet
de son règlement intérieur.
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